SAM. 2 OCT. À 15H // LES ARPENTEURS // ASS. RIO & HOME THEATRE

Interroger le matériel, le bâti, le “touchable”, ce qui nous entoure de façon immédiate. Les imaginaires de chacun se conjuguent pour tramer une fiction collective et inventer de nouvelles manières d’habiter l’espace et de le partager.

 » Notre « monde » a développé durablement son délitement. Comme la terre, il s’assèche ou se noie, se fragmente, s’il n’accueille pas la diversité et la complexité. Nous ne pouvons plus (sur)produire, comme avant, des spectacles. Nous ne pouvons plus faire comme si c’était encore possible. Laissons la terre se reposer. Et produisons plutôt du sens commun.
Interrogeons de nouvelles formes de collectivités qui pourraient, ça et là, éclore. Nous pourrions être, artistes, des facilitateurs, permaculteurs. Plutôt que des montreurs de sens et des montreurs d’égos. Nous pourrions mettre en relation ce qui est coupé, délié, clos, distancé, étouffé.

Ces derniers mois, au fil de confinements successifs aux contours multiformes, l’impensable est devenu possible. L’impensable, d’ailleurs, est advenu. Subitement relégués dans nos espaces privés, enclos dans des murs-cocons autant que murs-prisons, nous avons assisté sidérés à l’éclipse de l’espace public.
A travers les écrans, des images nous parvenaient de lointains dehors, nous montraient un monde vide, sans nous : décors sans spectateur, théâtre sans acteur. Les espaces publics proscrits, du moins réglementés, temps et distance contrôlés, n’étaient plus que corridors, espaces transitoires, parfaite ligne droite entre chez soi et tout commerce estampillé « de première nécessité ». L’espace public a été reporté à un hypothétique monde d’après. Les débats privés de leur lieu d’existence même, l’espace public, sont devenus sans objet.
(…)
La distanciation physique a été décrétée, mesurée précisément par des textes de loi (1 mètre, puis 2 mètres). Le glissement de ce mot « distanciation » dans sa connotation matérielle et dans le champ législatif, nous interpelle. D’abord parce que ce mot nous rappelle à Brecht, qui construit la distanciation comme principe théâtral actif pour une
indispensable prise de distance par rapport à la réalité. Ensuite, parce que la distanciation est une des caractéristiques fondamentales voire une des conditions de l’espace public. (…) Nous parions ainsi que l’altérité, de même que la critique, n’existent que dans la distanciation, une distance-proximité, un mouvement loin-proche, essence même de l’espace public pour peu qu’elles soit éprouvées non comme limite matérielle mais comme actualisation permanente, processus, aller-vers.

Arpenter, c’est à la fois mesurer une superficie terrestre et la parcourir à grand pas. Ici encore, rapt sémantique, combien de mesures ont été prises – pour nous mais sans nous – depuis ces derniers mois ?

Notre propos est ainsi avant tout poétique : réouvrir des champs sémantiques, créer des chemins. C’est le chemin, le cheminement commun, qui fera acte de création. A rebours du processus habituel basé sur une finalité ou une restitution finale, ce projet est un work in progress où la création n’est jamais finalisée. Elle s’enrichit au fur et à mesure des interventions, s’écrit en permanence, se densifie avec le temps. Elle s’ancre dans les regards, les perceptions, les relations.  »

Jeu Marie Arnaud Sanchez, Jeanne Dubos, Julien Bucci.

Concrètement…


Une équipe d’arpenteurs intervient dans l’espace public pour inventorier ce qui est “remarquable” dans une rue, une place… en interrogeant les personnes qui connaissent le mieux cet espace : celles qui y habitent, qui y travaillent, le fréquentent… La médiation repose sur l’interrogation intime du rapport de chacun à des éléments concrets, solides, tangibles. Interroger le matériel, le bâti, le “touchable”, ce qui nous entoure de façon immédiate.
Les arpenteurs questionnent l’espace du point de vue multiple des habitants. Ils sondent les limites de l’espace public/privé. Ils proposent des modes d’interactions surprenants pour interroger les habitants avec bienveillance sur leurs perceptions et leurs visions de l’espace.
Le projet explore un mode d’écriture « de rue » où arpenteurs et habitants sont invités à écrire, in situ, et à penser/sonder l’espace commun. À chaque interaction et mode de jeu, les arpenteurs recueillent les réactions et témoignages des habitants. Ils réalisent des prises de son, prennent des photos et des vidéos. Ce matériau est répertorié, classé et rapporté sur une cartographie en ligne qui rassemble ce qu’ils ont relevé dans tous les espaces qu’ils ont arpentés. Ils laissent également des “marques” physiques de leurs passages dans les espaces publics (marques éphémères à la craie, avec des papiers collés…), mettant en relation espace réel et espace virtuel.

Chaque intervention des arpenteurs comporte à la fois un geste artistique, une médiation et une restitution à la fois physique (marques laissées dans l’espace) et virtuelle (marques rapportées dans une cartographie). Les imaginaires de chacun se réunissent pour tramer une fiction collective et imaginer de nouveaux idéaux communs, de nouvelles manières d’habiter l’espace et de le partager. Les arpenteurs oeuvrent à forger un égo collectif.
Au terme de leur passage et d’une fête de fin d’arpentage, les habitants reçoivent un objet souvenir sur lequel est inscrit l’adresse url de la cartographie afin qu’ils puissent, plus tard, l’arpenter mais aussi l’enrichir de nouvelles entrées. L’espace commun se raconte à travers une multitude de perceptions intimes qui s’accumulent en couches, en strates. La démarche est pérenne et s’enrichit au gré des arpentages.


Home Théâtre / Association Rio

Conception-Réalisation Jeu Marie Arnaud Sanchez, Jeanne Dubos, Julien Bucci

Contact compagnie : HOME Théâtre , Julien Bucci 06 68 72 22 69 | info@hometheatre.fr | Association Rio, Jean Marie A. Sanchez, 06 62 19 48 39 | sanchorio@free.fr

Compagnie en résidence à la Distillerie du 27 septembre au 3 octobre 2021.

Sortie de résidence prévue le samedi 2 octobre à 15h

dans le cadre de Place aux compagnies 2021

Dans l’espace public. (Lieu à confirmer)

Place aux compagnies est un évènement strictement réservé aux professionnels de la culture.

Adhésion obligatoire : 1€ (association  »Les Acteurs de la Distillerie »)

Renseignement et réservation  >  04 42 70 48 38  / la.distillerie13@free.fr

Réservation possible sur ce site.

Le Bar Associatif est ouvert une demi heure avant le spectacle…

Venir à La Distillerie…

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