DU 15 AU 27 MARS // DOM JUAN // COLLECTIF À VRAI DIRE

Ce nouveau projet de création naît de la nécessité de questionner notre rapport au désir et à l’amour et ce que nous en faisons dans notre société, à travers l’oeuvre de Molière. Quel soin et quel traitement nous accordons à cet art, s’il en est un, qu’est l’art d’aimer ? Aussi intime qu’apparaisse le sujet au premier regard, n’est-il pas fortement politique ?

L’amour
Avec ce mot on explique tout, on pardonne tout, on valide tout, parce que l’on ne cherche jamais à savoir ce qu’il contient. C’est le mot de passe qui permet d’ouvrir les cœurs, les sexes, les sacristies et les communautés humaines. Il couvre d’un voile prétendument désintéressé, voire transcendant, la recherche de la dominance et le prétendu instinct de propriété. C’est un mot qui ment à longueur de journée et ce
mensonge est accepté, la larme à l’oeil, sans discussion par tous les hommes. Il fournit une tunique honorable à l’assassin, à la mère de famille, au prêtre, aux militaires, aux bourreaux, aux inquisiteurs, aux
hommes politiques.
Celui qui oserait le mettre à nu, le dépouiller jusqu’à son slip des préjugés qui le recouvrent n’est pas considéré comme lucide mais comme cynique. Il donne bonne conscience, sans gros efforts, ni gros risques, à tout l’inconscient biologique. Il déculpabilise, car pour que les groupes sociaux survivent, c’est-à-dire maintiennent leurs structures hiérarchiques, les règles de la dominance, il faut que les motivations profondes de tous les actes humains soient ignorés. Leur connaissance, leur mise à nu, conduirait à la révolte des dominés, à la contestation des structures hiérarchiques. Le mot d’amour se trouve là pour motiver la soumission, pour transfigurer le principe du plaisir, l’assouvissement de la dominance.

Henri Laborit, Éloge de la fuite, chapitre  »L’amour ».

ANALYSE PRÉALABLE

 »Qu’est-ce qu’a compris Dom Juan ?
Si l’amour, l’être aimé n’est que la projection que nous nous faisons de l’autre, notre propre création imaginaire (comme le définit H.Laborit) mais jamais l’autre lui-même, alors tout amour, toute relation est vouée à l’échec. La durée de prise de conscience seule varie. L’éphémère est la mesure.
En cela, la recherche de liberté dans la pratique de l’amour, et de l’être aimé de Dom Juan, n’est-elle pas plus saine et salvatrice car l’échec y est impossible, car l’illusion n’a pas le temps d’opérer. Il ne lui en
laisse pas le temps du fait de son changement rapide. La question du temps est particulière chez Dom Juan.

« Promettre, mentir trahir : ces trois verbes résument les prétentions et les failles de tout engagement amoureux. Si la formule de Jacques Lacan, selon laquelle l’amour, c’est donner ce qu’on n’a pas quelqu’un qui n’en veut pas, correspondait à ce qu’est vraiment le sentiment d’amour, ce dernier serait
d’une certaine manière ruiné de l’intérieur.(…)
Dans la promesse amoureuse, tous les mots prononcés, et les actes accomplis, semblent être intrinsèquement sincères et mensongers.
Don Juan promet le mariage et dans cette promesse se tient le secret de la séduction qu’il exerce. La façon dont il s’engage totalement, à partir d’un seul regard, d’une seule rencontre, du son d’une voix, donne du prix à son amour, puisqu’y sont gagés, sa vie et tout son être. Peu d’êtres humains auxquels s’adresserait ce type de promesse d’amour seraient capables d’y résister précisément parce que d’une certaine façon elle exprime le don intégral que l’amant est prêt à faire de sa personne. » – Monique Canto-Sperber, atelier philosophique de Monaco.


Hors nos sociétés (occidentales pour le moins) sont organisées autrement depuis longtemps. Le maintien de l’ordre ne se fait-il pas aussi par la pratique de l’amour, ce sujet devient alors politique ? Et si nous décidons d’ouvrir les horizons sur la vision d’amour, n’y-t-il pas résistance autour ?
Les règles du savoir-vivre dans la société ne sont-elles pas visibles et claires concernant la pratique de l’amour, ainsi que sensiblement identiques depuis le 17ème siècle ? Dom Juan connaît les codes et les utilisent pour satisfaire son désir.

C’est l’histoire d’un homme, la trentaine, qu’on va suivre dans les derniers instants de vie, qui ne voulait rien que défier la mort, et satisfaire tous ses désirs, par tous les moyens, étant persuadé d’avoir raison, avec le soupçon d’insolence de son auteur. »

Alice Thalamy.



Collectif À vrai dire

Avec Maïna Madec, Sylvère Santin, Mathieu Tanguy, Alice Thalamy

Dramaturgie Pauline Georger, Maïna Madec

Regard complice et dramaturgie Romain Vaillant

Conseil artistique Delphine Boisse, Gilles Jolly

Musique Arnaud Sèche, Paul Ramage

Scénographie Alice Salémi, Camille Lemonier

Contact compagnie : Bureau : 09 50 04 11 68 – Mme Ingrid Paris – Présidente de l’Association |Contacts Artistiques : Stéphanie Saint-Cyr Lariflette 06 87 03 62 98 – Fabrice Groléat 06 51 07 27 05 |Chargée de Production: Lucie Ianno 06 15 19 63 43
Partenaires : Ave le soutien de La Transverse (58) | l’Abéïcité / Abbaye de Corbigny (58) | FRAKA – Fédération interdépartementale des Foyers Ruraux – Lons Le Saunier (39) | Théâtre des Forges Royales de Guérigny (58) |
Comité de territoire – Luzy – Châtillon en Bazois (58) | La cité du Livre – La Méjanes – Aix en Provence (13) |Théâtre des Ateliers Aix en Provence (13)

Compagnie en résidence à la Distillerie du 15 au 27 mars 2021.

Sortie de résidence prévue.

Renseignement et réservation  >  04 42 70 48 38  / la.distillerie13@free.fr

Le Bar Associatif est ouvert une demi heure avant le spectacle…

Venir à La Distillerie…

Tarif unique > 5.00€    //  Adhésion obligatoire > 1.00€

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