SAM. 24 SEPT. À 19H // VOSRACES! // CIE LA BARAK

Fruit d’un travail d’écriture de plateau en dialogue avec Les Démons de F. Dostoïevski, Vosraces! dresse un portrait de la jeunesse d’aujourd’hui. C’est la « génération covid » qui prend le plateau et parle pour se définir. La génération des 18-25 ans qui se cherche un avenir, un taff, un espoir pour « avancer dans la vie », mais qui n’arrive qu’à errer sans repères au gré de l’actualité.

Ils veulent être actifs là où le confinement ne fait qu’amplifier leur sentiment d’immobilité.

On tâche ici d’interroger les nombreux clichés qui leur collent aux basques :

Une jeunesse paumée,

qui ne se sent pas représentée,

Angoissée et incapable de se projeter,
Refuse de sengager.
Elle prend le micro pour tenter de se définir au monde

Elle qui a besoin dcrier, violente et vulgaire,

Mais qui veut faire ça bien et ne veut pas abuser des rimes en « é »

Dans leur rap-manifeste qui leur sert à exister.

Vosraces! c’est ramener des jeunes au théâtre pour leur montrer que oui, c’est aussi d’eux qu’on parle dans ces boîtes noires. Montrer tout autant leurs joies, leur vitalité brûlante que l’angoisse touchante que produit chez eux le mélange confinement, politique répressive et BFMTV.

Vosraces! c’est un chantier d’écriture où se mélangent langue quotidienne et volonté d’évasion par le verbe : car rapper devient pour eux une arme en plus, un endroit où tenter d’exceller, de réussir par leurs seuls efforts d’acharnés. Les décibels empêchant parfois d’entendre raison.

Dans la forme, le texte et la mise en scène tentent d’infiltrer les codes narratifs des séries et autres blockbusters américains pour qu’on s’attache à suivre les instants de vie de ces jeunes, où se jouent tout autant leurs galères quotidiennes que leurs questionnements existentiels. Netflix et Les Démons sont ainsi les deux lignes de basse qui accompagnent le spectacle, « américain dans la forme et russe dans le fond ?».

Vosraces! c’est questionner le rapport au monde d’une jeunesse-rappeuse prête à se radicaliser, à basculer à tout moment dans la violence au rythme de la musique qu’ils fabriquent en bande dans leur garage.
La pièce est le compte à rebours d’une bombe qui sert de métronome à leur rap de poète.

L’album qu’ils fabriquent en meute sera la Bande Originale de leur vie et des questionnements qui les traversent. Parler ou agir ? voilà la question qui sous-tend toute la pièce, à une époque où on ne sait plus où, quand et comment s’engager.

Être Vosraces!, ce n’est pas pour autant se vautrer dans la violence, c’est aussi avoir faim despoir. Trouver l’espoir pour mieux respirer et avancer. Assumer simplement qu’on n’y comprend rien.

EXTRAIT :

« Là c’est laveu

Je pense pas avoir trop d’avis,
mon avis sur le monde se construit à travers les autres et les réseaux

On ny comprend rien, et après tout ça on comprend pas plus

Notre génération (je veux pas dire des grandes phrases qui concernent tout le monde parce que jen sais rien, je dis juste cque jpense)- mais notre génération ne pige rien

Faut srendre à l’évidence
On est pas bêtes loin d’là

Mais on est juste plongés dans la masse

On est dans une espèce de ratatouille, où s’mélangent les infos à la télé, la peur, les études, les théories du complot, les avis dnos parents, ce qui spasse en Amérique,… On ny comprend plus rien.

L’aveu est là »

-Noah-

L’INFLUENCE DU ROMAN DE DOSTOIEVSKI : Les Démons

L’écriture de plateau s’est nourrie de multiples influences, et c’est au cours du travail qu’avec un collaborateur nous avons découvert Les Démons, et eu la surprise d’y retrouver en partie la dramaturgie que nous cherchions à créer.

C’est laspect générationnel du roman qui nous a frappé.

Dostoïevski y raconte comment une génération a transmis à la suivante une sorte de nihilisme bourgeois, « à la mode », qui s’est déformé entre les mains des plus jeunes. On assiste ensuite aux questionnements de cette jeune génération sur l’existence de Dieu, et au tourbillon des actes violents qu’ils finissent par commettre.

La citation pragmatique de Noah, que l’on retrouve dans le dossier, est issu du moment de lucidité du personnage sur les événements de la pièce : il comprend que les démons passent d’une génération à une autre, tout en se transformant, par différents biais de notre siècle. Et son aveu d’incompréhension est la conséquence sensible, intime qui découle de sa prise de conscience.

La dramaturgie du roman vient nourrir celle de la pièce en plusieurs points:

Par exemple, l’un de jeunes défend une idéologie semblable à celle du personnage de Kirillov, réactualisée à notre contexte, tandis qu’un autre se trouve tour à tour à endosser le rôle dramaturgique de Piotr ou de Stavroguine au sein du groupe.

Car dans Les Démons, il est question dune bande. Une meute de la jeune génération qui se questionne sur son propre engagement.

Si la pièce débute ici avec des personnages de jeunes issus de films américains, on cherche au fur et à mesure à les transformer en icônes, en figures porteuses de sens quant à la question existentielle que chacun a à défendre.

L’influence du roman est donc très présente dans notre travail, mais elle reste relativement secrète et souterraine pour le spectateur qui n’a pas lu le roman.

Avec ce dernier, Dostoïevski pose un regard sur son époque, et nous avons l’ambition de faire de même avec ce projet, poser un regard sur notre époque. L’intérêt étant que nous y retrouvons, à plus d’un siècle d’écart, des motifs semblables.

Mais c’est pour cela que nous ne parlons pas d’adaptation, mais bien de dialogue avec Dostoïevski, auquel on s’essaye modestement.


Crédits photographiques : Almaïm

Télécharger le dossier de création

Cie La Barak

Auteur et Metteur en scène Romain Ruiz

Assistant à la dramaturgie Paulo Tangerino

Avec Bastien Bangil, Ruben Chehadi, Théo Gerey, Salomé Lucibello, Matteo Pereira, Mélodie Pizza

Créateur Son Alexis Pueyo

Scénographie Louis Kerveno

Partenaires : La Baignoire, La Barak, L’Illustre Théâtre, Le 909, La Distillerie
Contact compagnie : Romain Ruiz, 06.31.07.11.50, romainruiz.pro@gmail.com | 06.22.80.08.77, vosraces.production@gmail.com | https://www.labarak-obadidon.fr

Compagnie en résidence à la Distillerie du 19 au 25 septembre 2022

Dans le cadre de Place aux compagnies 2022.

Sortie de résidence prévue le samedi 24 septembre à 19h

Entrée libre.

Renseignement et réservation  >  04 42 70 48 38  / la.distillerie13@free.fr

Réservation possible sur ce site.

Le Bar Associatif est ouvert une demi heure avant le spectacle…

Venir à La Distillerie…

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