SAM. 01 FÉVR. À 18H00 // AUBAGNE « CULTURE EN LUTTE » – PERSPECTIVES : POUR UNE SÉCURITÉ SOCIALE DE LA CULTURE

Rencontre avec Aurélien Catin

Depuis trop longtemps les artistes ne sont vus qu’à travers le prisme idéologique de la bourgeoisie, des êtres doués d’un talent divin qui ne peuvent s’abaisser au niveau des travailleurs. Les artistes créent, elles et ils ne travaillent pas ! Cette vision à laquelle trop d’artistes adhèrent malheureusement à des fins de distinction sociale, les confine dans une insécurité matérielle qui les asservit toujours plus. Avant-hier valets de cour, hier faire-valoir d’une bourgeoisie triomphante, qu’en est-il aujourd’hui ? Un assujettissement à la rentabilité marchande la plus triviale. Derrière les nababs de la culture qui pérorent dans les hautes sphères du pouvoir, une cohorte de professionnels des arts et de la culture essaient de survivre dans un marché capitaliste toujours plus tendu. Leur salut adviendra-t-il en jouant le jeu de la concurrence généralisée ou par la construction d’une classe qui se revendique celle des travailleur.euses de la culture ?

Quel conventionnement et quelles subventions d’investissement pour les lieux culturels et les productions d’artistes ou de collectifs et compagnies indépendant.es ? Un grand nombre d’artistes – probablement une majorité d’entre elles et eux – sont aujourd’hui exclu.es des institutions culturelles, qu’elles soient publiques ou capitalistes. Nous assistons à un immense gâchis culturel provoqué par la non-reconnaissance de leur travail artistique. Une nouvelle institution financée par cotisation et gérée par les travailleur.ses de l’art, à l’image du régime général de sécurité sociale de 46, permettra de doter la vie culturelle des moyens de productions nécessaires à son développement. Comment mettre en oeuvre cette institution émancipatrice ? Qu’apportera-t-elle à la vie artistique ? Dès lors qu’il s’agit d’imaginer le fonctionnement d’une Sécurité sociale de la culture à partir des besoins actuels et des luttes en cours, les questions sont nombreuses et stimulantes.

Avec un essai sur la condition des artistes, nous allons jeter en pleine lumière toute une production de valeur maquillée en passion et en amour de l’art. En nous posant comme des travailleur.ses, nous allons déborder du champ de la culture pour entrer dans celui de la lutte.

Plus que de fantaisie, l’art a besoin de politique. Il s’agit d’en discuter, de mettre des mots sur ce que nous vivons. Si nous n’examinons pas notre propre situation, si nous nous contentons de petits ajustements, nous continuerons d’être immobilisé.es par l’ambivalence des statuts dans le milieu culturel. Pour questionner notre condition d’artistes – symboliquement privilégiée mais économiquement désastreuse -, nous pouvons commencer par changer de point de vue. Souvent, nous avons cherché à nous mettre au service du mouvement social. Nous allons désormais nous inscrire à son école. Des outils d’émancipation ont été forgés au cours de bataille séculaires. Notre erreur aura été de penser que les conquêtes ouvrières ne pouvaient s’appliquer qu’à l’usine et à l’entreprise, et qu’elles n’avaient rien à voir avec les pratiques artistiques. Or, si le travail concret est une chose, le statut du travailleur et de la travailleuse en est une autre. Le type d’activité exercée ne peut en aucun cas définir la teneur de nos droits sociaux. Les artistes du spectacle l’ont compris avant d’autres artistes. Ainsi se dessinent les fondements d’un paradigme. Nous ne mettrons pas fin à l’exploitation que nous dénonçons à longueur de tribunes, ou à mots couverts entre quatre murs, par des chartes de bonnes pratiques. En nous affirmant comme des producteur.rices, nous déborderons du champ de la culture pour entrer dans la lutte sociale.



Aurélien Catin

Aurélien Catin est un artiste auteur, auteur du livre « Notre condition » et « Pour une sécurité sociale de la culture ». Il est membre du collectif La Buse, de l’association d’éducation populaire Réseau Salariat et du Syndicat des Travailleur.euses Artistes-Auteur.ices CNT-SO. Il est engagé notamment dans le combat pour un nouveau statut des travailleur.euses artistes-auteur.ices et le combat pour le salaire à vie.

Partenaires : La Distillerie – Place aux Compagnies et Réseau Salariat – Groupe local des Bouches du Rhône


Samedi 1er février 2025 à 18h00

Entrée libre

Renseignement et réservation  >  04 42 70 48 38  / la.distillerie13@free.fr

Réservation possible sur ce site.

Le Bar Associatif est ouvert une demi heure avant le spectacle…

Venir à La Distillerie…

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