DU 30 NOV. AU 6 DÉC. // DORIAN // COMPAGNIE BIG BONOBO

D’après le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde

Jouée pour la première en France, cette adaptation du roman d’Oscar Wilde est un hommage à la culture queer. Sa joie, son utopie, sa subversion, ses luttes et ses contradictions.  Elle entremêle la trajectoire de deux hommes victoriens : Oscar et Dorian. Leurs jours de gloire, leurs nuits de débauche et leur inévitable chute. Personnages de cabaret, de soap opéra, de tragédies shakespeariennes. Du glamour, du grotesque, du camp. Queers d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Cette version du mythe de Dorian Gray esquisse les contours lumineux d’une utopie au présent.

NOTE DE MISE EN SCÈNE

Je ne m’attellerai pas ici à pitcher le Portrait de Dorian Gray d’O.Wilde. Partons du principe que l’histoire est connue de toustes et en tout cas, de notre bon ami Wiki. Plongeons immédiatement dans la proposition que nous tâcherons de commettre ensemble. Dorian est un jeune artiste de voguing. Il a intégré une des « maisons » de Londres. Les « maisons », dites « Houses », rassemblent les queers de couleur exclu.e.s de la société et qui participent aux balls, compétitions de danse caricaturant les mouvement des mannequins dans les défilés de mode. Dorian a trouvé sa famille, sa vraie famille, celle que l’on choisit. Sa rencontre avec Sir Henry va l’aspirer vers le milieu gay dandy blanc, élitiste et arrogant, dans lequel il provoquera une fascination exacerbée et délétère. Dorian y devient un objet, un fétiche, que l’on désire et que l’on méprise, que l’on flatte et que l’on manipule, que l’on adule et que l’on baise, jusqu’à péremption. Alors Dorian fait le vœu de la jeunesse éternelle. Il fait le souhait de se figer…se figer pour exister. Se figer pour être aimé. Se figer pour « appartenir » à un milieu qui ne sera jamais le sien. La culture queer, par définition, n’est jamais figée. La culture queer est un fluide. Elle n’a donc pas une forme, mais une infinité de formes. Elle se glisse dans l’espace-temps, en même temps qu’elle le modèle. Toute posture qu’elle émet, qui ne saurait être que politique, est obsolète au moment même où elle se « pose ». C’est ce qui inscrit la culture queer dans un perpétuel mouvement. C’est ce qui la rend indéfinissable et fascinante, étrangère et familière, chaotique et chaleureuse. (Cf. Cruiser l’utopie, l’après et ailleurs de l’advenir queer, José Esteban Muñoz. 2009.)

Nous confions ce mouvement expansif de la culture queer aux trois narrateurices, en perpétuelle recherche de repères et de définitions, qu’iels balayent aussitôt après les avoir émis. Nous serons en cela soutenu par le travail des traducteurices et je cite ici Ezra Baudou qui définit « l’acte de traduction lui-même comme une activité queer, c’est-à-dire une activité fluide, hybride et non- normative. ». Nous utiliserons l’art du transformisme, à vue, et même au-delà avec la volonté ostentatoire de créer du décalage comique et pédagogique, par l’art de la surenchère. Nous aborderons les esthétiques queer victoriennes et contemporaines à travers la recherche des principes lumineux. Le travail de la lumière sera fondamental : car la lumière, à l’instar de la culture queer, est fluide et changeante, et possède un puissant pouvoir d’évocation. Nous nous attellerons à proposer du spectacle freak protéiforme, enthousiasmant, borderline, punk, chaotique mais aussi bienveillant, sensible, pédagogique… en un mot du spectacle queer. Pour cela, nous créons une équipe d’artistes et de chercheur.se.s aux parcours et aux profils d’une grande diversité, toustes riches de leur désir de rencontres et de leur nécessité de « fabriquer » ensemble du Spectacle Vivant. Nous ne nous contenterons pas de créer de la représentation, nous essaierons de provoquer une contagion. La joyeuse et révolutionnaire Contagion de l’Art Queer ! (cf. L’art Queer, une théorie freak, Renate Lorenz, 2012).

Droit photographique – couverture : © Sli-K – Le Théâtre du Héron – Big Bonobo


Compagnie Big Bonobo

Texte Phoebe Eclair-Powell et Owen Horsley 

Mise en scène Flore Vialet (elle)

Avec Océan , Amine Boudelaa, Gaspard Legendre (ils)

Dramaturgie Ezra Baudou (iel)

Création et conception lumière Alexia Alexi (iel)

Traduction Ezra Baudou (iel) & Cécile Dudouyt (elle)

Conseil dramaturgie, époque victorienne et milieux queers Claire Barnes (elle)

Partenaires, Soutiens : Théâtre du Héron, La Distillerie (Aubagne), Pléiade, Université de Lincoln (Royaume-Uni), ville de Nantes, La Libre Usine (Nantes), La Fabrique de Chantenay (Nantes), RADAC – Recherches sur les Arts Dramatiques Anglophones Contemporains
Contacts compagnie : 06 62 95 69 60 | info@bigbonobo.com

Compagnie en résidence à la Distillerie du 3O novembre au 6 décembre 2024

Dans le cadre de Place aux Compagnies 2024

Sortie de résidence prévue le vendredi 6 décembre 2024 À 19H00

Renseignement et réservation  >  04 42 70 48 38  / la.distillerie13@free.fr

Réservation possible sur ce site.

Le Bar Associatif est ouvert une demi heure avant le spectacle…

Venir à La Distillerie…

Laisser un commentaire

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

En savoir plus sur LA DISTILLERIE

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture