C’est l’histoire d’une rencontre choc.
C’est l’histoire d’une rencontre choc. Le télescopage improbable sur un toit d’immeuble, en surplomb de la mer, de deux personnes ordinaires qui n’ont rien pour se rencontrer. Elle, Bonnie, la cinquantaine, elle est revêche à tout parce que la vie n’a pas arrêté de se rebeller contre elle. Lui, Kid, est très jeune, une vingtaine qui n’a pas fini de se révolter. Il est venu se réfugier sur ce toit. Pour fuir quelque chose. Elle habite là depuis longtemps et depuis longtemps, elle regarde la mer. Les navires supertankers partent on ne sait où. Elle, elle rêve de partir, elle ne sait pas où. C’est dans une promiscuité soudaine et déroutante, là, sur ce toit comme une falaise dangereuse, que ces deux-là vont passer la nuit à bousculer les préjugés, enjamber les fossés de générations, trouver un nouvel appel d’air. Kid au souffle malade et Bonnie au cœur déchiré vont se fabriquer un rêve commun. Un rêve de liberté, joyeux et émouvant, émancipateur et plein d’espoir. Bonnie et Kid, Kid et Bonnie, on ne saura jamais si ce sont leurs vrais noms.
Les textes de Michel Bellier donnent soif de raconter l’humain. D’inscrire le travail de la scène dans la recherche d’un théâtre où fusionnent la pensée et l’émotion. Dans Un toit sur la mer il plonge ses deux personnages dans une atmosphère du bout du monde. Un endroit où l’on se retrouve au bout de tout – de soi et de son horizon social. Cette histoire dessine un chemin qui semblait s’arrêter et qui, soudain, s’ouvre à tous les possibles. Pas de lieux communs moralisateurs ni d’excès de sensiblerie dans l’écriture vive et incisive de Michel Bellier. Sans fuir la gravité du propos, il l’adoucit par l’humanité de ses personnages. C’est un hommage aux perdants devenus invisibles, à ceux qui n’ont que le choix de voir appareiller les promesses de monde meilleur en restant persuadés d’être condamnés à rester sur la rive. Un toit sur la mer est un texte lumineux, poignant et très drôle.
NOTE DE MISE EN SCÈNE
La pièce commence avec le coucher du soleil et finit à l’aube. L’évocation de l’ambiance portuaire nocturne, sera le fruit d’un travail particulier sur l’alliance de la lumière et d’un paysage sonore. Nous envisageons un espace scénique très sobre, délimité par un sol matiéré à la manière d’un collage dadaïste dont les formes et les couleurs se seraient estompées. Des fondus de couleur bleue, ocre, bronze et rouille, qui rappellent le métal des grues portuaires, les coques en fer des portes-containers. Le passé industriel de ce port sera comme incrusté sous les pieds des personnages. Ce sol sera incliné, provoquant une légère instabilité des corps. Ce déséquilibre accompagnera leurs mouvements, leurs pulsions souvent empêchées. L’horizon sera ponctué des lumières du port, des raffineries et de leurs torchères, par les sons de départ en pleine nuit des supertankers, la tôle des navires, le fonctionnement des grues et les cris des grands goélands. La réalité du lieu s’inscrira dans le mouvement coordonné de la course de la lumière et de l’univers sonore. En écho à la trajectoire du coucher du soleil sur la mer jusqu’à la nuit et son bleu profond, intense et irréel, la bande son tissera ensemble la réalité des bruits du port avec des sons de plus en plus fantasmagoriques. Dans ce mélange de réel et d’irréalité, la nuit avancera, provoquant une impression de dilatation du temps. Petit à petit, les ombres s’étireront, le paysage sonore s’adoucira, de plus en plus mélodique. L’espace se fera alors plus intimiste et ce toit deviendra la plaque sensible où s’imprime le rêve des personnages. Un pont de navire voguant dans une nuit hallucinatoire éternelle. Les heures passeront sans qu’on y pense et on sera surpris par le jour qui se lève et sonne l’urgence.
Dynamo Théâtre
Auteur Michel Bellier
Direction artistique Joëlle Cattino
Avec Brigitte Faure & Yvan Balandras
Contacts compagnie : Joëlle Cattino – dynamotheatre.cie@gmail.com – 06 07 37 59 99 | http://www.dynamotheatre.net/
Compagnie en résidence à la Distillerie du 3 au 5 novembre
Dans le cadre de Place aux Compagnies 2024

