Est-ce qu’on entend que tout est possible quand on a rien à perdre ?
Un délogement. Un cri du corps qui se transforme au fur et à mesure que le temps se défile sans réel projet pour s’en échapper. Le manque de contrôle d’une situation non provoquée s’installe, mais écrire sur les réseaux sociaux facilite un partage intime, exutoire et immédiat qui m’offre un sas de respiration.
Une date, le 6 mars 2019. Mon immeuble dans le quartier de la Belle de Mai a été menacé par un péril imminent. Un trou béant s’est formé en moi. Comment remplir le vide ? Avec gravité et parfois de l’humour, mais aussi pas mal de colère. ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort n’est-ce pas ? Quelle phrase d’une banalité absurde, parce qu’en réalité 8 personnes sont décédées sous les décombres d’un immeuble dans le drame meurtrier de la rue d’Aubagne le 5 novembre 2018. Moi je suis encore vivante pour raconter mon histoire, mais en fin de compte, elle ne m’appartient pas, elle ne m’appartient plus.
Sharon Tulloch
INTENTIONS
Le livre Un voyage accidentel, inspiré des écritures réelles est l’élément central, la racine qui irrigue ce projet pluridisciplinaire depuis le 6 mars 2019. Un arrêté de péril sur l’immeuble de Sharon Tulloch à la Belle de Mai à Marseille. Un délogement. L’hôtel, le logement provisoire, des rencontres. L’errance émotionnelle pendant 1523 jours. Un voyage accidentel.
A partir de toutes ces graines, Sharon Tulloch l’auteure écrit la pièce Travelling(s), un « arbre vertèbre », où les racines s’entremêlent et font raisonner son passé et celui d’autres déracinés. D’une expérience personnelle et intime, le texte devient un cri collectif avec une dimension historique, politique, sociale et universelle.
Comment se relever du drame de perdre sa maison ? Où est-ce qu’on est chez soi ?
Se souvenir d’où l’on vient pour continuer à avancer. Elle entre et sort, comme une danseuse dans des thèmes tels que le déracinement, le foyer, les migrations, le langage, l’invisibilation. Elle y trouve une vertu thérapeutique. Elle a envie de comprendre ce cycle infernal, trouver le bouton d’arrêt. Sur scène, on entend la rage, des paroles prises sur le vif; on entend un choeur de mots dénonçant l’injustice dans un environnement hostile; on entend les notes d’une contrebasse qui ponctuent les phrases avec fureur et élégance; on regarde la vidéo comme une nature morte avec laquelle l’artiste interagit pendant que tout au long de la pièce se construit un objet organique, devenant littéralement le fil conducteur de ce récit posé entre le littéraire, documentaire et l’histoire. Certes « la scène n’est pas sa maison », mais grâce à cette pièce l’auteure saute dans le vide afin de s’enraciner ailleurs, transformée à jamais.
Compagnie Déraciné
Direction artistique et performance Sharon Tulloch
Avec les voix des déracinés
Dramaturgie Adina Secretan
Regard extérieur Eva Doumbia
Direction et mise en scène Zita Hanrot
Composition musicale et contrebasse Emmanuel Reymond
Conseil chorégraphique Simon Courchel
Costumes Rahamata Madjoine
Coiffure Khady Ndiaye
Vidéos Julien Girardot & Sharon Tulloch
Design sonore Matthias Bresch
Lumière Christophe Gouin
Partenaires, Soutiens : Théâtre Joliette (Marseille), Agence de Voyages Imaginaires – Pôle Nord (l’Estaque), Théâtre des Bains Douches (Elbeuf), Fondation Abbé Pierre, Adéquate productions (Marseille), Sud Régie (Marseille)
Contacts compagnie : Sharon Tulloch – Direction artistique, développement, production – 06 62 05 68 91 | Déborah Nambodokana – administratrice, chargée de développement, production – 06 21 19 46 60 | deracinevoyage19@gmail.com
Compagnie en résidence à la Distillerie du 7 au 13 décembre 2024
Dans le cadre de Place aux Compagnies 2024
Sortie de résidence prévue le vendredi 13 décembre 2024 À 15h00
Renseignement et réservation > 04 42 70 48 38 / la.distillerie13@free.fr
Réservation possible sur ce site.
Le Bar Associatif est ouvert une demi heure avant le spectacle…

