DU 22 AU 28 NOV. // SANG ! // CIE CERCLE DES MOROSOPHES

Et si la mort n’était pas une fatalité…

Deux ténébreux infirmiers aux manières baroques, Carmilla et Vlad, vous accueillent dans un étrange laboratoire clandestin. Ils prétendent pouvoir vous guérir d’une maladie incurable : la Mort.

Écrire aujourd’hui une histoire de vampires, c’est nécessairement tenir compte des référents que le public possède ; jouer avec le folklore spécifique de cet univers, tout en se confrontant à la question de l’immortalité.
Le vampire, à l’image de son immortalité justement, traverse le cinéma fantastique et la littérature gothique en s’inscrivant toujours dans l’époque : il est éternellement contemporain. C’est donc toujours le moment de parler de lui…
Au théâtre, sans doute pour des raisons essentiellement techniques, il est plus rare. L’inviter sur scène est un défi intéressant !
SANG ! c’est l’histoire de deux jumeaux, Carmilla et Vlad, nés en 1666 dans les Carpates (!), qui se prétendent infirmiers psychiatriques. Sous couvert de soins, et donc en considérant le public comme « malade en sursis », ils vont le convaincre de suivre un rituel pour accéder à l’immortalité.
Pour cela, ils mettent en place un protocole interactif dont les différentes étapes (simulacre d’examens médicaux, psychanalyse collective, exorcisme douteux…) jalonnent le processus de transformation jusqu’à la communion finale entre initiés autour d’un verre de sang !

Dans le roman épistolaire « Dracula » de Bram Stoker, référence incontournable, le vampire n’apparaît jamais au présent, on n’a que le récit de son passage. Puissance de la suggestion…
Pareillement dans notre pièce, les deux personnages ne se présentent pas comme vampires, ce qui serait peut-être maladroit ; ils se contentent de proposer l’immortalité !
(…) Carmilla et Vlad s’adressent à leur audience dans un français relativement soutenu, sans accent, ou un jargon scientifique de spécialistes, mais communiquent entre eux dans une langue maternelle imaginaire, écrite à partir de phonèmes typiques des langues slaves. Ce procédé est extrêmement ludique : on s’amuse à deviner ce qu’ils disent, on croit reconnaître des mots, l’oreille note des récurrences.
S’immerger dans le mythe des Vampires est aussi prétexte à s’interroger sur la mort ou les symboliques du sang, de façon ludique et absurde, afin de toucher un large public : le folklore aide à désamorcer les tabous…

L’espace dans lequel nous accueillent les deux protagonistes est d’abord froid et médical, manière de laboratoire artisanal.
Peu à peu, il évoluera et la table d’auscultation deviendra cercueil, à mesure qu’eux même se révèlent vampires.
La mise en scène de SANG ! est basée justement sur ce principe d’évolution, de dévoilement progressif, de crescendo thématique : les objets rituels du folklore des vampires (cape, dents, ail…), les « passages obligés » ( la morsure…) et la question fondamentale, l’immortalité, ne sont pas donnés d’emblée, mais distillés peu à peu.
La pièce se joue sans quatrième mur, en relation directe avec le public et même, initiation oblige, en interactivité.
Délicatement, lui réservant le beau rôle, les deux infirmiers choisissent un membre de l’assemblée et l’invitent sur scène : il incarne la métamorphose que vit toute la salle.

La musique du spectacle est très présente, elle a la part belle.
Elle est jouée en direct, à l’exception du final. Son panel est large, de l’extrait d’opéra à la chanson slave mélancolique, des harmonisations grinçantes aux arrangements sensuels.
N’oublions pas que c’est Carmilla et Vlad qui jouent : leur musique s’affranchit des canons esthétiques habituels. Ils procèdent à une torsion de la musique dans le seul but de mettre en condition le public, créant des atmosphères troublantes, inquiétantes, à l’instar des musiques de films d’épouvante.
Pendant l’action, la musique souligne, renforce, prolonge ou contredit. Parfois, un seul comédien anime le récit, l’autre le soutient instrumentalement.
A chaque fin d’acte, elle est assumée comme un moment de concert, suspension qui cristallise l’action et réunit les interprètes.
L’instrumentation (violoncelle, clarinette/clarinette basse, chant, quelques percussions) est délibérément atypique.
Une oreille avertie reconnaîtra souvent Purcell, dont le raffinement baroque librement adapté, habille joliment l’étrangeté de notre univers, et lui donne cohérence.


Cie Le Cercle des Morosophes

Ecriture, interprétation, scénographie Fred Bothorel
Ecriture, mise en scène Bruno Deleu
Prise de son, régie Josselin Dufour
Création visuelle, communication Romain Giusiano
Communication, administration Hervé Guinouard
Interprétation, arrangements musicaux Lucile Magnan
Création lumière Débora Marchand


Compagnie en résidence à la Distillerie du 22 au 28 novembre 2021.

Sorties de résidence prévue

Tarif unique > 5.00€    //  Adhésion obligatoire > 1.00€

Renseignement et réservation  >  04 42 70 48 38  / la.distillerie13@free.fr

Réservation possible sur ce site.

Le Bar Associatif est ouvert une demi heure avant le spectacle…

Venir à La Distillerie…

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