JEU. 22 OCT. 18H // CONVERSATION AUTOUR DU PROJET D’UN NON-SPECTACLE // CIE POP MANUSCRIT

« Conversation autour du projet d’un non-spectacle…

… qui soit en quelque sorte le spectacle de notre projet de ne pas en faire. Ou alors si, ce serait bien un spectacle mais ce serait seulement le spectacle du projet de projet de ne pas en faire… et ça pourrait aller à l’infini comme ça ! Alors, bien sûr, oui, évidemment, même s’il n’y a pas d’histoire, encore moins de personnages ou de fictions (on se méfie surtout des fictions !) il y a bien des acteurs ! Et ce sont des acteurs, qui discutent, bien sûr… qui discutent beaucoup sur le sujet, même sans avoir vraiment le sujet – qui discutent longtemps, très longtemps… sur le sujet – qui semblent même pouvoir en discuter éternellement ! De tout, de rien, et surtout du vide. Oui, c’est ça, c’est peut-être ça, cette situation-là, avec simplement ces acteurs, assis sur des chaises et sur un plateau, qui est sujette à toutes les métaphores possibles. Des métaphores possibles de ce rien palpable, le spectacle de ce rien. »

Jesshuan Diné.


Image extraite du film In girum imus nocte et consumimur igni, réal : Guy Debord, 1978.

Extrait :

 »– Et ils ne font rien d’autres que discuter entre eux en fin de compte ?…

Entre eux ? Qu’est-ce que tu entends par entre-eux ?

– Non mais je veux simplement dire que si ces acteurs de la discussion, comme tu dis, parlent et parlent encore… qu’ils continuent à parler entre eux… sans avoir le souci d’intéresser qui que ce soit qu’eux même… alors… peut-être que ça pourrait donner l’impression pour celui qui regarde ça de l’extérieur qu’il s’agit d’une sorte de… d’entre-soi…stérile et… hermétique ?(mais juste pour celui qui regarde ça de l’extérieur, bien entendu…)

– Mais peut-être que cet entre-soi stérile et hermétique, comme tu dis, n’est qu’une image qui participe à la proposition, je veux dire, d’un point de vue dramaturgique, non – si j’ai bien compris… ?

– Effectivement… effectivement ! De l’extérieur ça donne l’impression qu’ils sont entre-eux. Ça ne signifie pas nécessairement qu’il s’agisse d’entre-soi. Ce n’est qu’une image, comme ça, de l’extérieur, on est bien d’accord… (Et d’ailleurs c’est une image tout ce qu’il y a de plus involontaire et fortuit, comme toutes les images qui sont produites, d’ailleurs, au cours de ce non-spectacle…)

– En fait, dramaturgiquement parlant (pardonnez-moi l’expression) cet entre-soi stérile et hermétique, comme tu dis, ce serait un peu comme l’image d’une sorte de quatrième mur fluctuant, il me semble, non ? Mais peut-être alors faudrait-il admettre pleinement toutes les définitions possibles de cet entre-soi, je parle de significations philosophiques voire méta-physiques que pourraient revêtir cet entre-soi…

– Alors effectivement, si on englobe l’ensemble de ces significations, on pourrait imaginer que les acteurs de cette discussion parleraient – comme ça – indéfiniment, encore et encore… et ne ferait rien d’autre que produire un entre-soi tout ce qu’il y a de plus stérile et hermétique… Ils parleraient par exemple, pour ainsi dire, de quatrième mur fluctuant mais aussi d’étapes de création constitutives du projet, d’écriture palimpseste, de porosité entre la situation et la fiction, de sens fermé et de sens ouvert, de méta-théâtre, d’effets de réel imbriqués… mais ce ne serait qu’une – comment dit-on déjà – qu’une mauvaise habitude, en fait ?

– C’est ça, tout à fait, une mauvaise habitude ! Et voilà pourquoi ils pourraient parler de… d’expérience de la longueur, d’écriture scénique collective, d’effets de contamination entre l’acteur et sa partition, de prise de parole performative… et tout tout plein d’autres sujets tout à fait…. enthousiasmants, n’est-ce pas ? … mais je ne suis pas sûre qu’il s’agisse de sujets qui puissent apparaître comme véritablement importants, surtout depuis l’extérieur ? Si ?

– Non, ce n’est pas très important en effet… C’est un peu comme s’ils parlaient de tout et de rien, de la pluie et du beau temps… »

Et un peu de philosophie (pour faire bien) :

« Les images promettent ce qu’elles ne peuvent tenir, la réconciliation définitive des hommes entre eux et le monde. C’est dans la réitération de cette promesse impossible que l’individu retrouve un semblant de souveraineté. L’insuffisance de la réalité est alimentée par les images qui agissent comme un mal dans le remède. En même temps qu’elles accumulent les échecs et les déchets d’utopies, les images orientées vers le futur nourrissent la nostalgie de la  »vraie vie » quel que soit, après coup, le contenu imaginaire dont cette vérité est revêtue. Sous le régime de la culture absolue et de la technique, le pouvoir n’est plus perçu comme l’enjeu immanent de forces en tension mais comme un écran qui tient séparé le sujet de la réalité, l’empêchant ainsi de jouir pleinement de sa liberté fictive. »

Francesco Masci, Traité anti-sentimental, 2018.

Compagnie Pop Manuscrit

Écriture et mise en scène : Jesshuan Diné (avec la participation de Cécile Peyrot et Xavier-Adrien Laurent)

Avec :Jesshuan Diné, Cécile Peyrot, Xavier-Adrien Laurent.

Regards extérieurs : Mickaël Huet, Antoine Wellens, (en cours).

Avec la participation dans l’écriture (sans doute très involontaire et fortuite !) de Guy Debord, Francesco Masci, Peter Hankle, Henri Laborit, Friedrich Nietzsche, Thomas Bernhard, Michel Hazanavicius, Antoine Wellens, les labos pros de l’Arcade Paca, Mathieu Baudin et l’Institut des Futurs Souhaitables, Oriane Zugmeyer, Nick Chater, Michel Maffesoli et les Cahiers Européens de l’Imaginaire, Sylvain Eymard, Mickaël Huet, Laurent de Richemond, Maëlle Charpin, Alain Behar et tous les vagabonds des Vagabondes, Emmanuel Meirieu, François Cottrelle et tous les participants de la formation  »Du roman au récit théâtral », François Marchal, Hegel, Platon, Calderón, George R. R. Martin, Schopenhauer et Michel Onfray qui cite Schopenhauer sur France Culture, Matt Harding, ainsi qu’Erik Mismaque.

Avec le soutien du Théâtre du Bois de l’Aune – Aix-en-Provence, dans le cadre d’une mise à disposition d’espaces | de la Distillerie – Aubagne | du Théâtre Antoine Vitez et du centre social Jean-Paul Coste (Aix-en-Provence)* | du Théâtre du Bois de l’Aune et du Centre Social Les Amandiers (Aix-en-Provence)* | Avec le soutien de la DRAC PACA* et de la Ville d’Aix-en-Provence | *l’appel à projet  »Rouvrir le monde » été 2020.
Contact compagnie : ciepopmanuscrit | http://www.ciepopmanuscrit.jimdofree.com


Présentation de projet ? / lecture ? performance ? / dans le cadre de  »Place aux compagnies » 2020

Samedi 31 octobre à 21h

en parallèle du concert !

à l’occasion de la soirée de Clôture du Festival

Renseignement et réservation  >  04 42 70 48 38  / la.distillerie13@free.fr

Entrée libre

Le Bar Associatif est ouvert une demi heure avant le spectacle…

Venir à La Distillerie…

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