SAM. 24 OCT. 16H30 // PERSONNE N’A RIEN DIT À LA CIGOGNE // CIE FLUID CORPORATION

D’après La Supplication de Svetlana Alexievitch.

 » J’ai découvert le livre « La Supplication » de Svetlana Alexievitch, en 2015.
Ce fut un choc.
Quarante monologues et chœur d’ukrainiens touchés par la catastrophe
Tchernobyl, avaient été réunies par l’auteure dans cette oeuvre.
Elle avait recueilli cinq cents de ces témoignages , confessions intimes, ignorées par la Grande Histoire, comme elle le dit elle-même.
J’ai découvert, bouleversée, le lyrisme d’un peuple frappé par une tragédie
contemporaine. J’ai cru être assise au coin d’une table dans une cuisine,
écoutant ce qu’ils – elles n’avaient jamais pu dire auparavant, j’ai perçu le son saccadé du dosimètre comme une mitraillette, le silence terrible après un mot.
Et la pluie aussi tombant sur les toits, contre les vitres.
Comme un déluge. Le Déluge, ce mythe originel de catastrophe cosmique
racontant l’anéantissement d’un monde et de son humanité cédant la place à une humanité nouvelle.
Mais, me croyant toujours dans une de ces isbas chéries plantée au milieu de jardins malades, j’ai pu sentir aussi l’odeur poignante du bortsch et de la vodka Stalitchnaï  » le meilleur remède contre le strontium et le césium »…
Car il faut bien continuer de vivre .

« Amies ne pleurez pas. Pendant tant d’années, nous avons été des

kolkhoziennes progressistes, des stakhanovistes. Nous avons survécu à

Staline. Et à la guerre ! Si nous n’avions pas ri, si nous ne nous étions pas

amusés, nous nous serions pendues. »

Monologue d’un village : comment appeler les âmes du paradis pour
pleurer et manger avec elles.


Vivant dans un monde de science -fiction, sur une terre- laboratoire, les oubliés de Tchernobyl forment une communauté d’une profonde humanité, tous égaux de part leur fatale destinée commune. Leur langue simple, évidente, touche au lyrisme, formant un chœur de voies solitaires en état de choc permanent.
Les voilà, ces Héros soviétiques en puissance, devenus les dindons d’une farce tragique…
Malgré tout, pour moi et les artistes m’accompagnant dans cette aventure
théâtrale, nous attrapons l’énergie de vie que nous a offert ce livre.
Paradoxalement, le sentiment de désespoir cède la place à une extraordinaire résilience. Tout s’est écroulé mais on continue. On boit, on s’aime, on vit.


Mai 2020…

Le travail mené depuis trois ans sur Personne n’a rien dit à la cigogne, s’est
trouvé touché par l’évènement survenu en ce début d’année 2020. Durant les 51 jours du confinement, nous nous sommes rapprochés des confessions
contenus dans La Supplication.
Prisonniers d’événements maintenant historiques, nous avons continué notre exploration, tissant des liens entre nous, « génération Covid – 19 » et eux, « génération Tchernobyl ».
Dans une temporalité pleine d’incertitudes, mais non dénuée de cette énergie de vie déjà énoncée, nous poursuivons notre travail…


Interviews – ateliers
Nous avons entamé une collecte d’interviews sur les simples questions :
que sont pour vous la confiance et le mensonge.
Ceci pourra être proposé en amont ou en aval de la lecture au public intéressé.
Un atelier – écriture – captation – restitution, mené par Catherine Legrand est envisagé.
Cette récolte trouvera sa place dans la création théâtrale à venir.

 »
Pascale Karamazov


Crédits photographiques : Cie Fluid Corporation

Personne n’a rien dit à la cigogne propose la mise en espace et le montage de certains monologues extraits de La Supplication. Cette proposition faite pour tout type d’espaces pouvant recevoir notre dispositif, est une nouvelle étape vers la création théâtrale. Elle constitue une deuxième proposition de lectures dans le même dispositif.

26 avril 1986…
Toute l’Ukraine et l’URSS s’apprêtent à fêter le 1° mai.
Une fête qui aurait pu, du, se passer normalement …

Le désir du rassemblement festif raconte aussi bien la liberté de l’insouciance que la recherche d’une résilience possible. Malgré le cataclysme, la douleur, l’incompréhension : pouvoir quand même percevoir la poésie du vivant, laisser la pulsion de vie être. Nous convoquons sur scène cette même pulsion de vie.


Compagnie Fluid Corporation

Mise en scène et adaptation Pascale Karamazov

Création lumière Cyrille Laurent

Création vidéo Catherine Legrand

Création sonore Hervé Fréguis

Avec  Sofie Szoniecky , Sophie Zanone, Cyrille Laurent, Franck Libert 

Contact compagnie : fluidcorpo@yahoo.fr | 06 83 45 20 52


Présentation étape de travail / Dans le cadre de  »Place aux compagnies » 2020

Samedi 24 octobre à 19h30 16h30

à La coulisse du Comœdia / Théâtre Comœdia d’Aubagne.

Entrée libre

Renseignement >  04 42 70 48 38  / la.distillerie13@free.fr

Réservations : Directement en ligne sur ce site

Le Bar Associatif est ouvert une demi heure avant le spectacle…

Venir à La Distillerie…

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