LABORATOIRE DU GAI SAVOIR 1 – Compagnie In Pulverem Reverteris

Compagnie In Pulverem Reverteris

LABORATOIRE DU GAI SAVOIR 1

 

En résidence de création du 22 février au 4 mars

D’après Têtes rondes et Têtes pointues de Bertolt Brecht

Réalisation et Mise en scène > Danielle Bré

Assistanat et chargée de production > Romane Pineau

Avec > Lauren Carla Lenoir, Mathieu Cipriani, Sofy Jordan, Bryce Quetel, Malte Schwind, Stina Soliva

 Régie générale > Jules Bourret

Création Costumes > Élise Py

Stagiaire > Céline Durand

Document dessin - copie 2

La division acteurs-spectateurs est une des conventions fondatrices du théâtre. Il ne faut surtout pas la confondre avec une supposée séparation des artistes et des gens. De fait, nous faisons tous partie du même monde celui dans lequel nous vivons tous. Cette appartenance commune nous voulons qu’elle soit à l’œuvre manifestement dans ce spectacle.

Ce refus de la séparation des artistes, ce n’est pas nouveau pour moi mais cela a depuis peu modifié sensiblement ma façon de travailler. Pour moi un spectacle, ce n’est plus un objet fini entre nous, produit par nous et reçu par vous, c’est devenu des actes réels , agis au présent par nous comme par vous, pour le partage d’une expérience vivante commune aux acteurs et aux spectateurs et qui a à voir avec l’état de la pensée et du monde d’où le titre Laboratoire du gai savoir choisi pour le spectacle.

Nous allons donc ce soir partager, pas à pas, avec vous l’expérience (que nous avons fait et que nous allons reconstituer ici) d’un texte de Bertolt Brecht Têtes Rondes et Têtes pointues, écrit par le dramaturge entre 1931 et 1934.  Cette pièce choisie est un matériau favorable car elle présente d’emblée des similitudes notables avec l’actualité présente de L‘ Europe.

Comme beaucoup aujourd’hui et peut-être comme vous, nous sommes dans le doute quant à nos systèmes de références. Nous continuons à tenir des valeurs, mais une lecture politique du monde actuel, précise et pratique, aussi bien sensible que conceptuelle nous fait défaut. C’est là où la pièce de Brecht choisie intervient. Grâce à elle, nous avons tenté de clarifier nos modèles d’analyse du monde actuel et des affrontements politiques confus qui nous sollicitent. En tous cas nous les avons mis en jeu et questionné.

La pièce raconte et démonte une manipulation politique consistant, dans un pays imaginaire traversant une grave situation de crise économique et politique, à remplacer, dans l’opinion, la lutte des classes par la lutte des races. C’est une entrée opportune évidente par apport à l’actualité, d’autant que le point de vue choisi par la pièce est à la fois plus précis et plus juste. Nous avons adopté sa justesse. Face aux oppositions qui s’expriment de façon majeure dans une situation sociale donnée, pour Brecht, l’important n’est pas de choisir son camp mais de s’occuper des raisons et des intérêts qui président à l’usage politique de ces oppositions. C’est la question centrale du spectacle.

La pièce de Brecht a été adaptée pour les objectifs de ce laboratoire; Une adaptation pour 6 acteurs relevant d’une dramaturgie particulière. La pièce est jouée mais est associée à une deuxième couche textuelle exprimant notre réflexion à son propos et fictivement les commentaires des acteurs sur ce qu’ils jouent. Nous dégageons aussi l’hétérogénéité sous-jacente des 11 tableaux, pour trouver l’unité dramaturgique, non pas grâce à la logique de la fable mais en suivant le fil intelligible et sensible de notre recherche sur l’actualité politique actuelle. Les acteurs sont donc à la fois les interprètes des personnages mais aussi les chercheurs à l’œuvre avec nous et avec vous. A partir de ce que leur inspire, en 2019, leur acte d’incarnation, une interrogation vivante et ludique sur la pièce sera menée, pointant des points de vue divers mais articulés, qui questionnent notre actualité.

Une autre façon de présenter le travail La métaphore du passage à gué

 Expérimenter une pièce, pas à pas, s’apparente au passage d’une rivière à gué. Il n’y a plus de pont qui surplombe l’obstacle et l’annule. Avec un pont, on est concentré sur le fait d’atteindre vite l’autre rive pour vaquer à son projet. On maitrise son but et ses moyens. Tout le monde sait traverser un pont et il n’y a pas trente-six manières de le faire. On passe et c’est tout. Aucune question sur le comment. S’il il n’y a pas de pont ou si on refuse de le prendre tout change. Traverser est maintenant une étape majeure et indispensable. On ne regarde plus la rive d’en face mais la rivière mobile à la profondeur indécise. il faut choisir les pierres d’appui , elles sont glissantes. Vont-elles résister à notre poids ou se dérober ? Tiens ! on a débusqué une truite : on la suit des yeux, on devient pêcheur possible un bref instant. On vient de perdre l’équilibre, on a de l’eau plein les chaussures : elles étaient presque neuves et on les avait cirées le matin. Tant pis faut avancer et pour cela on doit s’ensauvager un peu, devenir un peu funambule aussi.

Ça y est on est sur la rive. On a survécu et on est presque à l’heure pour le rendez-vous mais notre sentiment a changé. Notre but, la traversée ne l’a pas rendu inutile mais relatif modifié par une situation. Si c’est un rendez -vous d’affaire, la rivière nous a préparé à la rencontre et à la négociation. il faudra traiter notre interlocuteur comme les pierres du gué et pourquoi pas lui raconter l’aventure.

Traverser une pièce à gué cela veut dire que la pièce n’est plus la rive à atteindre mais une rivière mobile. Cela suppose d’abandonner sur elle un point de vue tout fait, en découvrir les éléments disparates, renoncer à la maitrise, se mouiller autrement, mettre en relation le chemin et le but, et si d’aventure on débusque une truite, la suivre un moment et surtout raconter au spectateur l’expérience faite de la rivière.

 

La sortie de résidence du 3 mars qui durera environ 1h30 présentera une étape de travail sur la moitié de la pièce après une douzaine de jours de répétition. On y verra à l’œuvre les décisions dramaturgiques prises, la proposition scénographique, mais beaucoup de travail reste à faire.

 

Mardi 03 mars à 16h00 et 20h30

Renseignement et réservation  >  04 42 70 48 38  / la.distillerie13@free.fr

Tarif unique > 5.00€  +  1.00€*

(*Adhésion annuelle obligatoire > Réception de la newsletter et accès au Bar Associatif)

Le Bar Associatif est ouvert une demi heure avant le spectacle…

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